Dessinons notre vie 🎨

J’utilise souvent l’expression « relier les points »[1] lorsque j’échange à propos de ce phénomène étonnant qui vous est peut-être déjà arrivé 🧐

👉 Un tournant de notre vie nous fait prendre une direction que nous n’avions jusqu’alors pas envisagée, et soudain notre parcours de vie qui nous semblait chaotique prend tout son sens !💡

C’est un peu comme si nos expériences passées étaient des points apparemment dispersés de manière aléatoire sur une page blanche, et qu’elles prenaient forme d’un coup, le jour où nous relions les points les uns aux autres, pour donner une représentation globale de notre vie qui fait sens pour nous.

😃 Avez-vous déjà fait l’expérience de ce phénomène ?

« Vous devez croire que les points se reliront d’une manière ou d’une autre dans votre futur » (Bill Gates) : c’est une idée que je vous invite à garder à l’esprit si vous vivez une transition difficile.

Même si nous sommes conditionnés pour aller vite, ne brûlons pas les étapes de notre vie. Chacune peut avoir sa place et son utilité dans le dessin global, même si nous ne nous en rendons généralement compte qu’a posteriori.

Cela nous invite également à nous interroger à propos du sens que nous voulons donner à notre vie, des lunettes que nous voulons porter pour regarder notre réalité et de ce que nous voulons retirer des expériences que nous faisons, joyeuses ou douloureuses.

En gardant cela à l’esprit, en nous interrogeant à propos de qui nous sommes et ce que nous voulons, nous saisirons les opportunités qui nous conviennent (voire nous les créerons) et nous nous offrirons une vie d’autant plus riche qu’elle sera notre propre création (et pourquoi pas notre chef d’œuvre ? 😃).


[1] En référence au discours de Bill Gates à Stanford en 2005 : “You can’t connect the dots looking forward; you can only connect them looking backwards. So you have to trust that the dots will somehow connect in your future.


Comment traverser plus confortablement nos transitions de vie ?

Photo de Frans Van Heerden sur Pexels.com

Ce n’est un mystère pour personne, nous vivons dans un environnement très changeant. Et si le changement est externe et généralement dirigé vers un objectif, il provoque à l’intérieur de la personne un phénomène de transition qui est parfois très déstabilisant. Or, la vie est une succession de chapitres et de transitions. Que ce soit un déménagement, un divorce, un changement d’emploi, l’arrivée d’un enfant, une réorientation professionnelle, la perte d’un emploi, un mariage, une promotion ou encore le passage d’un âge à l’autre de la vie, les exemples ne manquent pas.

Alors comment faire pour accueillir et traverser ces périodes de transition de façon confortable ? J’ai récemment lu un ouvrage très inspirant de William Bridges (Transitions de vie, InterEditions, 2019), dont je vous livre quelques clefs dans cet article.

Se fixer un cap

Selon l’auteur, « on peut supporter d’être dans l’incertitude – sentiment souvent indissociable des phases de transition – mais seulement si cette incertitude est une étape nécessaire avant d’atteindre un objectif. Le processus doit avoir un sens, faute de quoi il ne produit que de la détresse. » Ainsi, savoir se fixer des objectifs, renforcer sa confiance en soi, faire le point sur ce qui est important pour soi ou encore sur le sens que l’on veut donner à notre vie peut nous aider à cheminer jusqu’à cette nouvelle réalité qui se profile. Cela permet en outre de s’assurer que l’on se dirige bien vers quelque chose qui nous conviendra.

Par conséquent, en période de transition personnelle, prenez le temps de clarifier vos buts, votre vision ainsi que les moyens à mettre en œuvre et leur planification. Cela vous permettra de savoir dans quelle direction vous souhaitez aller. Faîtes-vous confiance, vous saurez vous adapter aux fluctuations potentielles de votre environnement. Vous saurez modifier votre itinéraire en cours de route si besoin, à l’image du GPS qui recalcule lorsqu’il y a une zone de travaux sur le chemin.

Se laisser du temps pour traverser la « zone neutre »

Pour W. BRIDGES, on ne peut effectuer une transition sans d’abord renoncer à la réalité précédente, puis passer par une « zone neutre » caractérisée par des incertitudes et des désapprentissages, avant de retrouver des repères pour appréhender la nouvelle réalité. Nombre d’entre nous avons du mal à accepter de passer par cette zone neutre, au cours de laquelle on se dit parfois qu’on ne sert plus à rien, qu’on perd notre temps, qu’on s’écoute trop, et toute une collection d’auto-jugements négatifs…

Et cela peut prendre du temps, en fonction de l’ampleur du changement auquel nous avons à nous adapter. Il n’est pas nécessairement facile de clôturer un chapitre de vie, de renoncer à une réalité qui n’est plus. C’est même parfois douloureux.

Alors soyons sympa avec nous-mêmes car c’est une phase qui est incontournable pour aborder la nouvelle situation de façon optimale. Une zone neutre « bâclée » peut mettre en péril les fondations du nouvel édifice. En effet, W. BRIDGES nous dit que « pour qu’une nouvelle situation puisse s’enraciner, il faut d’abord défricher le terrain, en se débarrassant des vieilles habitudes, attitudes et perceptions. »

Consolider notre identité

En zone neutre, nous avons besoin de temps pour dire adieu à la situation précédente, digérer notre transition et poser les bases du renouveau. W. BRIDGES nous dit à ce propos que « pour pouvoir ouvrir un nouveau chapitre, il faut savoir refermer le précédent, y compris au plus profond de son âme, là où persiste l’attachement aux personnes et aux lieux qui nous définissaient. »

Comme je le recommandais dans mon article à propos de l’intérêt de bien se connaître en période d’incertitude, une clarification de vos croyances, vos valeurs, vos besoins et vos limites serait une bonne base pour consolider votre identité ici et maintenant. Cela vous aiderait aussi à identifier en quoi la transition va venir bousculer certains aspects de ce qui vous caractérisait jusqu’ici. En gros il s’agit de se demander : qui étions-nous et qui voulons-nous devenir à l’issue de cette transition ?

Évaluer la pertinence de nos anciennes stratégies

Certains d’entre nous auront parfois tendance à gérer les transitions comme nous l’avons toujours fait dans des situations similaires. Un peu comme si l’on fonctionnait en pilote automatique. Par exemple, nous pourrions avoir l’habitude de gérer les transitions en tirant un trait sur le passé – qui de toute façon n’est plus – pour ne se concentrer que sur le futur. Ou, à l’inverse, rester focalisé sur le passé qui était tellement mieux, et regretter qu’il ne soit plus, en essayant au passage de retrouver dans la nouvelle situation un maximum de choses qui nous ramènent à ce passé rassurant. Nous tenons généralement nos réactions automatiques de notre histoire de vie, des modèles que nous avons eus, des réactions qui étaient ou non autorisées dans notre environnement proche, etc.

Cependant, nous avons probablement changé depuis l’enfance, notre environnement et nos objectifs aussi ! Il nous faudra alors veiller à prendre du recul pour évaluer la pertinence de la stratégie de gestion de la transition que nous mettrons en place (souvent inconsciemment) au vu des éléments de la situation présente, ainsi que de nos objectifs futurs.

En effet, les anciennes solutions ne seront pas toujours adaptées au contexte présent. Au-delà des aspects opérationnels, il peut d’ailleurs s’avérer utile de nous interroger concrètement à propos de la façon dont nous avons géré nos transitions dans le passé, afin de conscientiser notre façon de faire, et agir en conscience la prochaine fois que nous devrons vivre une telle épreuve.

Être tolérants avec nous-mêmes !

Pour conclure, W. BRIDGES nous dit que « même s’il est vrai qu’il faut accepter des changements parfois pénibles pour s’adapter à une nouvelle réalité, la vraie difficulté ne tient pas à cela, mais au processus bien plus douloureux qui consiste à renoncer à la personne que l’on était puis à décider quelle personne on souhaite devenir. En d’autres termes, la difficulté véritable tient au processus de transition. »

Alors, au risque de me répéter : soyons tolérants avec nous-mêmes. Une transition prend du temps et déstabilise, nous ne sommes pas forcément prêts – au fond de nous – à passer à l’étape suivante instantanément.

Acceptons donc que cette phase demandera un peu de patience, laissons-nous digérer la situation, prenons soin de nous et autorisons-nous à nous arrêter pour réfléchir à quelle personne nous souhaitons devenir et à ce que nous voulons tirer de cette transition (tant qu’on y est 😉).

Bien se connaître : une clef pour faire face à l’incertitude

Photo de Andrea Piacquadio provenant de Pexels

L’actualité du moment engendre un nombre croissant d’incertitudes, tant sur le plan personnel que professionnel. Bonne nouvelle 😃, si l’on ne sait pas de quoi demain sera fait, on peut au moins clarifier qui l’on est et ce que l’on veut. Les questions qui suivront vous permettront de mieux vous connaître et d’aborder ce contexte changeant avec plus de confort.

En tant que système vivant, l’être humain est en constante évolution. Tout au long de notre vie, nous sommes façonnés par les événements, notre environnement, les choix que nous faisons, les décisions que nous prenons, les étiquettes que notre entourage pose sur nous, les rôles que nous endossons, les masques que nous portons… Par conséquent, nous ne sommes pas tout à fait la même personne aujourd’hui qu’il y a 10 ans, 20 ans, 50 ans…

Pourtant, il est assez rare que nous fassions un arrêt sur image pour actualiser la connaissance que nous avons de nous-même. Mais alors, comment savoir ce qui est bon pour nous aujourd’hui si l’on part d’une connaissance obsolète de nous-mêmes ? Comment prendre des décisions pour demain si l’on ne sait pas ce qui est important pour nous maintenant ? Comment mener une vie qui nous ressemble si nous ne savons pas ce qui nous caractérise à cet instant ? 🤔

Je vous propose donc de prendre le temps de faire connaissance avec vous-même.

Alors, qui êtes-vous aujourd’hui ? Pas facile… 😅

Vous êtes prêts ? C’est parti.

 On commence fort : que voudriez-vous que l’on dise de vous à la fin de votre vie ? Qui voudriez-vous avoir été ?
 Qu’est-ce qui est vraiment important pour vous ?
 Quelles-sont vos passions ?
 Que détestez-vous ?
 Seriez-vous prêt à vous battre pour une cause ?
 Quelles sont vos qualités ?
 Quels sont vos points faibles ?
 Qui vous inspire ?
 Dans quel genre de situation êtes-vous mal à l’aise ?
 Qu’est-ce qui vous ressource ?
 Qu’est-ce qui vous fatigue ?
 Quels sont vos talents ?
 De quoi rêvez-vous ?

OK, ça fait peut-être un peu beaucoup d’un coup 😅. Si c’est le cas, prenez votre temps, répondez à une question par jour et notez vos réponses dans un carnet prévu à cet effet. L’avantage de cette méthode est de vous permettre de relire vos réponses de temps en temps, pour vous recentrer ou pour actualiser vos réponses si nécessaire. Ce carnet peut vous accompagner pendant des années et vous êtes libres d’y ajouter ce qui vous semble important.

Bonne exploration !